Conférence musicale
"Sonate ... Que me veux tu ?"
Cela s'est passé le dimanche 7 avril dernier au Temple protestant de Montparnasse Plaisance
Responsables du projet
Catherine Gras
Paul-Hubert des Mesnards
Charles Tobermann
Dans la belle lumière du Temple protestant du 14e arrondissement, les explications simples et lumineuses du conférencier ont préludé à la grâce et à la fougue du jeu de Delphine, vêtue d’une belle robe rouge qui s’accordait parfaitement avec la couleur originale du piano à queue. Après des applaudissements enthousiastes, un verre de l’amitié suivit qui regroupa adhérents, amis et famille de nos deux artistes du jour. Une très belle manifestation « Sur les pas de Liszt », organisée par Paul-Hubert des Mesnards et Catherine Gras.
Delphine Co, la sonate en si mineur de Franz Liszt (extrait) Cliquez ici
Les intervenants
Charles Tobermann, musicologue, compositeur et pédagogue et Delphine Co, pianiste. Tous deux sont des membres assidus des manifestations de SPL.
Charles Tobermann a présenté l’évolution du concept de sonate, de Mozart jusqu’au monument que représente la sonate en Si mineur de Franz Liszt, avec des illustrations musicales au piano par Delphine Co, puis Delphine Co a interprété avec brio la sonate en Si bémol K 333 de Mozart et la Sonate en si mineur de Liszt.
Charles Tobermann est très actif dans la démarche de SPL souhaitant sensibiliser les jeunes publics à la personnalité et à l'œuvre de Franz Liszt. Il est également membre de l'association qui porte le Festival des Lisztomanias de Châteauroux et grâce à ses compétences en musicologie, il intervient comme conférencier à cet évènement.
Delphine CO est une brillante interprète lisztienne et lauréate de la Schola Cantorum et de la Haute Ecole de Musique de Genève elle est intervenue à plusieurs reprises également à Châteauroux dans la Masterclass de Bruno Rigutto. Elle est également intervenue à l'occasion de l'AG de SPL en avril 2023.
Bio de Charles Tobermann et de de Delphine Co Cliquez ici
Pour voir et écouter Delphine Co, vidéo réalisée par Paul Regnier à l'occasion de l'AG de 2023 Le sonnet de Pétrarque no.104 et la vallée d’Oberman de Franz Liszt Cliquer ici
La Sonate en Si mineur, S178 de Franz Liszt et la Sonate en Si bémol majeur K333 de Mozart par Charles Tobermann
L’idée de la sonate domine la musique de l’époque classique (Mozart, Haydn, le jeune Beethoven) et imprègne la musique du 19e siècle profondément. Dans la deuxième moitié du 18e siècle, le mot désigne un « cycle » de trois ou quatre mouvements qui se succèdent par convention dans un ordre de tonalités, tempos, caractères, et formes (typiquement un mouvement rapide dans la tonalité principale en forme « sonate » , suivi d’un mouvement lent dans une autre tonalité et un finale rapide dans la tonalité principale, souvent plus léger en caractère que le premier mouvement. Un mouvement de danse, menuet ou scherzo, peut s’insérer avant le finale.
La « forme sonate », terme du 19e pour décrire la musique du 18e, se déroule en plusieurs parties : une exposition qui établit la tonalité principale et présente le thème principal, puis module dans une autre tonalité, établissant un conflit tonal qui sera résolu plus tard ; un développement, qui module d’une tonalité à l’autre ; et une ré-exposition annoncée par le double retour de la tonalité principale et le thème principal, et qui restera dans cette tonalité, ainsi résolvant le conflit tonal de l’exposition.
La sonate en si bémol majeur, K. 333 de Mozart, composée à Linz et Vienne en 1783-4 est un chef-d’oeuvre de la maturité de Mozart et un exemple très clair des concepts de la « forme sonate » (premier et deuxième mouvements) et « cycle sonate » (trois mouvements vif, lent vif, avec le premier et le finale en si bémol majeur et le mouvement lent en mi bémol majeur).
Beethoven va faire évoluer beaucoup ces concepts dans ses 32 sonates pour piano, mais aussi dans ses symphonies et quatuors à cordes.
Les premiers compositeurs romantiques, la « génération de 1810 » : Mendelssohn, Chopin, Schumann, et Liszt se trouveront devant, d’une part, une nouvelle esthétique d’expression personnelle, et un langage harmonique plus chromatique, et d’autre part devant le défi de l’héritage de Beethoven. Comment écrire des sonates après Beethoven ? Comment faire évoluer l’idée de la sonate pour qu’elle corresponde à leurs besoins artistiques ?
L’unique sonate pour piano de Franz Liszt, la sonate en si mineur, composée à Weimar en 1852-3 et publiée en 1854, sera celle qui le mieux comprend les révolutions beethoveniennes et les poursuit dans un langage romantique et avancé. Cette sonate monumentale, un seul mouvement de 760 mesures, remplie des contrastes les plus violents, est aussi un exemple d’organisation et cohérence. Liszt a utilisé trois elements structurants : une sorte de superposition ou incrustation de la forme sonate et un cycle de quatre mouvements en un seul, des transformations d’un nombre restreint d’idées thématiques (la quai-totalité est présentée dans la première page) et une fin qui est un retour au début, évoquant une déroulement cyclique.
Le pianiste Alfred Brendel, grand interprète de Mozart, Haydn, Beethoven, Schubert et Liszt a appelé la sonate de Liszt « la plus grande sonate pour piano depuis Beethoven et Schubert. »
La Sonate en si mineur vue par Leslie Howard et Alfred Brendel
La Sonate en si mineur de Franz Liszt expliquée par Leslie Howard
Eléments extraits du site liszt-franz.com
La sonate en si mineur est la seule sonate que Liszt composa mais elle est considérée par beaucoup de pianistes comme une œuvre majeure, celle qu’ il faut retenir pour illustrer le 19ième siècle.
Elle fut diversement appréciée, comme d’ habitude en ce qui concernait les œuvres de Liszt. D’ une grande complexité, en rupture avec les canons de l’ époque elle fut traitée d’ œuvre de fou.
Liszt la composa à Weimar entre 1852 et 1853 alors qu'il habitait à l’ Altenburg avec la princesse Carolyne Sayn-Wittgenstein. Hans von Bülow, grand pianiste et chef d'orchestre qui allait devenir le gendre de Liszt en épousant Cosima, fut le premier à l’ interpréter publiquement. Depuis lors tous les grands pianistes n’ ont pas manqué de l’ enregistrer. Elle est devenue une pièce incontournable, sorte d’ adoubement de tout bon exécutant.
Citons Richard Strauss, grand admirateur de cette sonate « Si Liszt n’ avait écrit que cette sonate en si mineur, œuvre gigantesque issue d’ une seule cellule, cela aurait suffit à démontrer la force de son talent. »
Pour ce qui est de l'œuvre elle-même, expliquée par Leslie Howard Cliquez ici
En prime et pour le plaisir, réécoutez La Tribune des critiques de disques de Jérémie Rousseau du 3 septembre 2017 Cliquez ici
La sonate en si selon Alfred Brendel
Alfred Brendel, dans son petit essai joint à son enregistrement de 1981, écrit « Je connais deux disques où l’œuvre ne commence qu’à la deuxième mesure, car l’ingénieur du son a présumé que le pianiste n’avait pas encore vraiment commencé, et coupé la première mesure. Or toute bonne sonate débute par l’essentiel ! »
On reconnaît sans mal après ces deux notes, la gamme hongroise (thème A) en première ligne. L’Allegro energico (thème B) dès la seconde ligne, puis immédiatement le thème marcato (thème C) qui apparaît en troisième ligne. Ces deux derniers thèmes seront la base du fugato.
Alfred Brendel Sonate en si mineur de Franz Liszt , Masterclass sur YouTube Cliquer ici
Pour plus d'informations sur la sonate en si
Source http://patachonf.free.fr/musique
Une conférence à quatre mains
Pour agrandir la partition en écoutant Alfred Brendel Cliquer ici
Mot d'accueil
de Paul-Hubert des Mesnards
"standing ovation" du public
pour la prestation
exceptionnelle de Delphine
Une jeune maman bien fière
Delphine Co, la sonate en si mineur
de Franz Liszt (extrait) Cliquez ici
surlespasdeliszt.com
Site d'information de l'association "Sur les pas de Liszt"
Lettre d'information de novembre 2024
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